dimanche 28 août 2016

Edito Météo Blois - Semaine du 29 août au 4 septembre 2016

Après 5 jours de canicule et son florilège de records, voici enfin la fraîcheur au moment où j'écris ces lignes. Le 24 août, la station de Blois a explosé son record décadaire du 25 août 2000, en atteignant 37.9°C. Ce fut pour le département du Loir-et-Cher la journée la plus chaude de cet épisode. On profite ce dimanche d'un affaiblissement temporaire de l'anticyclone, qui permet de chasser la canicule vers l'est.

Nous pourrons donc profiter de deux jours d'accalmie salvatrices ce dimanche et surtout ce lundi, avec davantage de nébulosité accompagnée de petites ondées ça et là. Puis ce sera à partir de mardi le retour progressif de conditions anticycloniques. Le temps redeviendra estival, avec des températures en hausse progressive de jour en jour, pour passer de 24°C lundi à des 30°C en fin de semaine.

Notons que sur la péninsule ibérique, l'air reste très chaud, en provenance du nord de l'Afrique. Il reste donc "disponible" en cas de changement du flux au sud pour nous apporter un nouveau coup de chaud. Ce sera peut-être le cas vendredi, mais les modèles ne sont pas tout-à-fait bien calés. Les températures pourraient brièvement dépasser largement les 30°C en Loir-et-Cher, car une large dépression se creusera à l'ouest de l'Irlande, qui permettra une accélération du flux de sud-ouest avant une probable dégradation orageuse dans la nuit de vendredi à samedi.

Pour le week-end, la fiabilité n'est pas très bonne, mais il se peut que le temps reste assez dégradé notamment sur la moitié ouest du pays si la dépression en question reste bloquée par l'anticyclone continental. Mais le scénario "symétrique" est également possible, si l'évacuation ou le blocage se fait plus à l'est. Le Loir-et-Cher est pile au milieu de cette incertitude, le temps sera donc vraisemblablement assez instable voire maussade dans le pire des cas.

Pourquoi cette incertitude ? La faute en grande partie au cyclone tropical Gaston, qui vient se balader sur l'atlantique vers nos latitudes. Ce phénomène est assez fréquent en cette saison. Ayant sa dynamique propre, il est difficile à appréhender pour les modèles, et il apporte une grande dose d'incertitude à plus grande échéance : celui-ci peut continuer sa ballade erratique en zone de haute pression pendant un bon moment, ou bien être repris et absorbé dans la circulation d'ouest. Dans ce dernier cas, soit il disparaîtra complètement noyé dans le flux dépressionnaire, soit il se renforcera à nouveau en tempête pour finir quelque part en direction de l'Europe, ce qui peut apporter une dégradation du temps. C'est cette incertitude sur la façon dont il sera ainsi repris qui peut influencer notablement l'évolution dépressionnaire vers nos côtes.

L'ouragan Gaston 2016 en pleine balade
L'ouragan Gaston 2016 en pleine balade

Quand à l'évolution saisonnière, elle est assez délicate à appréhender pour septembre. Comme on l'a déjà évoqué précédemment, les modèles ont changé de scénario au cours du mois d'août, et il se dessine une anomalie dépressionnaire sur les îles britanniques. Cela présage de bons passages perturbés au cours du mois de septembre. En terme de répartition, il semble que le tout début de septembre puisse être assez perturbé pendant quelques jours. Puis une quinzaine anticyclonique apparaît probable, avant une seconde quinzaine bien plus perturbée - qui serait la principale source de l'anomalie dépressionnaire constatée sur le mois. C'est en tout cas un scénario qui ressort assez fréquemment sur la consultation du modèle saisonnier en mode "jour par jour", il ne s'agit en aucun cas d'une certitude absolue.